Le gène qui pourrait jouer un rôle dans la plus grande résistance de l’homme à la grippe aviaire est dénommé BTN3A3. Découvert par les scientifiques du Centre de recherche sur les virus du Conseil de recherches médicales de l’Université de Glasgow (MRC, Medical Research Council), le gène est exprimé dans les voies respiratoires et bloque la réplication du virus de la grippe aviaire dans les cellules humaines.
Cependant, certaines souches grippales peuvent contourner cette résistance. C’est notamment le cas du H7N9, qui parvient à contourner les effets bloquants du gène BTN3A3 par une mutation génétique.
Il en résulte que la souche H7N9 a infecté plus de 1 500 personnes depuis 2013, avec un taux de mortalité de 40 %.
L’étude, publiée dans Nature, montre donc que BTN3A3 est un inhibiteur des virus aviaires, mais de manière sélective.
Par conséquent, la compréhension de la sensibilité ou de la résistance des virus au gène BTN3A3 est un autre facteur à prendre en compte dans l’évaluation de leur risque zoonotique potentiel.
Comme l’a rapporté le professeur Massimo Palmarini (directeur de l’étude) dans VNonline : « Nous savons que la plupart des virus émergents susceptibles de déclencher une pandémie chez l’homme proviennent des animaux. Il est donc essentiel de connaître les barrières génétiques qui pourraient empêcher un virus animal de se reproduire dans les cellules humaines, empêchant ainsi l’infection. Bien sûr, les virus sont en constante évolution et peuvent potentiellement surmonter certaines de ces barrières en changeant avec le temps. C’est pourquoi la surveillance génétique des virus sera fondamentale pour nous aider à mieux comprendre et contrôler la propagation de virus à risque zoonotique et pandémique ».
Traduit de l'italien, PINTO Rute Maria, et al., "BTN3A3 evasion promotes the zoonotic potential of influenza A viruses", Nature, 28 juin 2023.
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