Le cancer du sein triple négatif (TNBC) est une forme rare et très agressive de cancer du sein, qui se propage facilement à d'autres parties du corps (métastases). Les tumeurs sont généralement de haut grade, c'est-à-dire qu'elles évoluent rapidement.
Le cancer du sein triple négatif ne possède pas les récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone ni le récepteur HER2. Il ne peut donc pas être traité par les thérapies hormonales ciblées habituellement utilisées contre certains cancers du sein. Pour cette raison, les personnes atteintes de cette maladie ont souvent un pronostic défavorable.
Les carcinomes mammaires félins (cancers des glandes mammaires chez le chat) présentent plusieurs caractéristiques similaires à celles du cancer du sein triple négatif chez l'humain. Ils sont donc étudiés comme modèles animaux afin de mieux comprendre cette maladie.
Une étude réalisée par Granados-Soler et ses collaborateurs sur les marqueurs pronostiques des carcinomes mammaires félins a servi de base à cette recherche. Les chercheurs ont ensuite utilisé une approche de data mining (analyse de grandes bases de données) pour évaluer si ces mêmes marqueurs pouvaient également prédire l'évolution du cancer du sein triple négatif chez l'humain.
Les résultats ont permis d'identifier plusieurs marqueurs pronostiques communs aux deux maladies. Ces marqueurs pourraient être utilisés aussi bien en médecine humaine qu'en médecine vétérinaire, mais ils nécessitent encore des recherches complémentaires.
Cette étude s'inscrit dans le domaine de l'oncologie comparative, qui consiste à utiliser les cancers apparaissant naturellement chez les animaux de compagnie pour mieux comprendre les cancers humains et accélérer le développement de nouveaux traitements.
Cette approche présente plusieurs avantages par rapport aux modèles classiques utilisant des rongeurs de laboratoire. En effet, les souris ne reproduisent pas toujours fidèlement les caractéristiques biologiques et la diversité génétique des cancers humains. Elles permettent également plus difficilement de prévoir la réponse aux traitements ou les interactions entre la tumeur et le système immunitaire.
À l'inverse, les tumeurs qui apparaissent naturellement chez les chiens et les chats se développent progressivement au sein d'un organisme possédant un système immunitaire intact. Elles présentent également des caractéristiques histologiques très proches de celles observées chez l'humain.
Enfin, les animaux de compagnie vivent dans le même environnement que leurs propriétaires et sont exposés aux mêmes polluants, substances toxiques et agents cancérigènes, ce qui renforce leur intérêt comme modèles d'étude en recherche contre le cancer.
Auteurs : Lara Sommerville, Jane Howard, Shane Evans, Pamela Kelly, Amanda McCann.
Source : https://onlinelibrary.wiley.com/
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