Les infestations à Leishmania infantum sont décrites depuis longtemps chez l’homme et le chien dans le monde entier, mais la caractérisation des cas équins reste rare. Cette étude décrit l’évolution clinique d’une infection naturelle à L. infantum afin d’améliorer les connaissances diagnostiques et épidémiologiques de la leishmaniose équine (LE).
Au Brésil, la leishmaniose zoonotique à Leishmania infantum est une préoccupation majeure. En effet, la leishmaniose viscérale (kala-azar ) chez l’homme (LVH) et la leishmaniose canine (LCan) provoquées par ce parasite peuvent évoluer vers une maladie systémique grave et le décès.
Les chiens sont considérés comme le réservoir domestique le plus important en raison de leur sensibilité à l’infestation et d’un parasitisme cutané étendu s’ils ne sont pas traités (Gonçalves et coll., 2019). Cependant, d’autres espèces animales, comme les chevaux, qui interagissent avec l’homme ou qui vivent dans des zones endémiques, pourraient être exposées à une transmission de Leishmania et pourraient développer une infection active.
Une jument Mangalarga Marchador de quatre ans, achetée aux enchères, originaire de l’État de Pernambuco, a présenté quelques nodules sous-cutanés sur la tête et le cou à l’arrivée au haras de l’acheteur dans l’État de Bahia en novembre 2019. Ces nodules se sont multipliés en multiples nodules ulcérés et non ulcérés et se sont propagés aux deux membres droits en sept semaines.
L’hématologie a révélé une anémie, une lymphocytose, une monocytose et une augmentation du fibrinogène plasmatique. L’histopathologie des nodules biopsiés a permis d’identifier une dermatite granulomateuse avec des macrophages contenant des amastigotes de Leishmania.
L’amplification en chaîne par polymérase (PCR) a détecté des Leishmania dans des lésions cutanées, mais pas dans des échantillons de sang ou de ponction de rate ; l’analyse par PCR-RFLP et le séquençage de l’ADN d’ITS1 ont confirmé l’espèce L. infantum. Un traitement topique antiseptique et insectifuge ainsi qu’un suivi mensuel ont été mis en place.
Toutes les lésions se sont améliorées progressivement, sans traitement spécifique anti-Leishmania, et une résolution durable a été constatée 14 mois plus tard.
En conclusion, cette première description de la leishmaniose équine à L. infantum dans une zone endémique est importante afin de souligner la nécessité d’études épidémiologiques et sensibiliser davantage les cliniciens au diagnostic différentiel.
Traduit de l'anglais, ALVES DE PINHO Flaviane, et al., "Clinical evolution of equine leishmaniasis with self-limiting cutaneous disease caused by Leishmania infantum in northeastern Brazil: A case report", Veterinary Parasitology : Regional Studies and Reports, Juin 2023.
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