Les chats peuvent être infectés par Dirofilaria immitis, l’agent causal de la dirofilariose cardio-pulmonaire, qui se caractérise par des signes respiratoires, une hyperréactivité, un remodelage et une inflammation des voies respiratoires.
L’allergie est une pathologie multifactorielle et le rôle d’un certain nombre de parasites helminthiques dans le développement d’allergies chez l’homme et d’autres espèces a été démontré dans de nombreuses études. Une étude récente publiée dans la revue Parasites & Vectors a cherché à vérifier si les chats séropositifs à D. immitis présentaient une hypersensibilité à certains allergènes environnementaux.
Des échantillons de sang ont été prélevés chez 120 chats pour tester la présence d’anticorps spécifiques (immunoglobuline G, IGg) dirigés contre D. immitis et l’hypersensibilité à 20 allergènes. Soixante-douze (72) chats, soit 60 % de l’échantillon, ont été séropositifs pour les IGg anti-D. immitis et 55 (45,8 %) ont montré des signes cliniques respiratoires de dirofilariose cardio-pulmonaire.
Les résultats des tests effectués avec les kits d’allergènes ont montré que 50,8 % des chats étaient séropositifs pour un allergène, et que les allergènes les plus courants étaient les suivants : Dermatophagoyssinus farinae (25,8 %), Dermatophagoides pteronyssinus (20,0 %), Malassezia (17,5 %) et Ctectes felis noces (14,2 %).
La prévalence des allergies a été significativement plus élevée, presque d’un facteur trois, chez les chats séropositifs pour D. immitis (68,1 % contre 25 %).
En revanche, aucune différence significative entre la prévalence des chats allergiques et la présence/absence de symptômes n’a été constatée : les symptômes n’étaient donc pas un facteur décisif pour la présence d’allergies.
Le risque de développer des allergies a été 6,3 fois plus élevé chez les chats séropositifs à D. immitis que chez les chats séronégatifs, confirmant que la séropositivité à D. immitis est un facteur de risque et que les chats présentant une dirofilariose cardio-pulmonaire confirmée pouvaient développer des signes respiratoires graves, susceptibles d’entraîner une évolution vers des lésions pulmonaires permanentes et de prédisposer les chats à une hyperréactivité des voies respiratoires.
Toutefois, compte tenu des limites de l’étude, les résultats doivent être interprétés avec prudence, même s’ils fournissent des informations intéressantes qui devraient encourager de futures études axées sur la détermination de l’existence d’une relation causale entre le développement/exacerbation d’allergies et l’infection par D. immitis.
Traduit de l'italien, GARCIA-RODRIGUEZ Sara N., et al., "Feline heartworm disease and environmental allergens hypersensitivity: is there a link?", Parasites & Vectors, 9 juin 2023.
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